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"Les Quotidiennes" 14 février 2008

dimanche 19 avril 2009, par Jenny Amaro

Marine, 16 ans, une ado qui vient tout juste d’accoucher
| 09:16 Un chouette film, Juno, raconte la grossesse d’une adolescente. En 2006, vingt-six jeunes filles de 16 ans ont donné naissance à un enfant en Suisse. Comme la Lausannoise Marine. Témoignage.

Vous n’avez pas encore vu le film Juno ? Courez-y ! Vous y ferez la connaissance d’une ado de 16 ans décoiffante, qui va au bout d’une grossesse non désirée. La collégienne, qui se retrouve enceinte de son copain Paulie, époustoufle par sa maturité et sa détermination. Ces neuf mois, au bout desquels elle ne gardera pas l’enfant, elle les traverse avec un aplomb extraordinaire, grâce aussi au soutien que lui apporte sa famille. Enceinte à 16 ans ? Cela n’arrive pas qu’au cinéma. Mais, comme au cinéma, tout peut bien se passer. C’est le cas pour Marine, 17 ans en avril prochain, qui a donné naissance à une petite fille, Meylina, le 21 octobre. Même si le taux de naissances adolescente (ainsi définies jusqu’à 19 ans) est très bas en Suisse, 600 à 750 jeunes femmes entre 14 et 19 ans accouchent chaque année.

Nous avons rencontré Marine chez elle, dans l’appartement lausannois où l’heureuse jeune mère vit avec sa propre maman, ses demi-frères et soeurs et son ami Rexhe, le papa de Meylina. Elève de neuvième l’an dernier, Marine a terminé son année scolaire sans révéler sa grossesse, encore invisible. Elle n’avait juste pas envie d’en parler. Après l’accouchement, elle a envoyé un e-mail à toute la classe. Jusqu’à la majorité de sa maman, la petite Meylina est sous tutelle.

« Mon ventre s’était arrondi » « Quand j’ai annoncé à mon papa que j’étais enceinte, il m’a dit : « C’est tout de même un peu jeune pour devenir grand-père ! » Il a 34 ans, ma maman en a 36. Ils sont divorcés. Je sortais avec mon ami Rexhe depuis début 2006. Je prenais la pilule. Mes règles étaient normales. Un jour, je me suis aperçue que mon ventre s’était arrondi. J’ai acheté un test de grossesse. Il était positif. Tout a tourné dans ma tête, je me suis demandé comment j’allais faire. Je suis allée chez un gynécologue, il m’a dit que j’en étais déjà à quatre mois. Imaginer mettre fin à cette vie ne m’a pas traversé l’esprit. Mon ami ne l’a pas envisagé non plus. C’est à lui que j’ai parlé de ma grossesse en premier. Il a 22 ans, il était heureux. Après, je me suis confiée d’abord à ma grand-mère, dont je suis très proche. Elle s’est inquiétée pour la suite, pour mon avenir, pour le futur du bébé, mais elle ne s’est pas fâchée contre moi.

 »Mon ami et moi étions très contents, je me réjouissais de ce bébé. Alors, mes parents ont accepté mon choix. Je crois que l’âge n’est pas si important, une femme de 25 ou 30 ans n’est pas forcément plus capable que moi. Je suis à l’aise avec ma fille. Mes parents m’entretiennent. Je ne suis pas livrée à moi-même, ma famille me soutient et c’est très important. Je n’ai pas de formation, mais j’espère trouver une place d’apprentissage d’ici quelques mois. Bien sûr, j’ai modifié ma vie. Si je sors, je sais que je ne dois pas rentrer trop tard car je dois m’occuper de ma fille le lendemain. Mais cela me convient. Je ne regrette rien, je sais que je pourrai refaire certaines c hoses plus tard. Je suis heureuse, c’est ma vie, je m’en contrefiche de ce que les gens peuvent penser. »

Permettre aux jeunes femmes de choisir « J’admire ces jeunes mamans qui se prennent en charge. » Avec les centres d’accueil de SOS futures mamans, inaugurés voici plus de trente ans, le Fribourgeois Conrad Clément est le pionnier de l’aide aux jeunes filles enceintes. Les vestiaires de l’organisation mettent à leur disposition, gratuitement, tout ce dont elles ont besoin pour leur bébé. A l’époque, Conrad Clément militait contre l’avortement. Aujourd’hui, la priorité consiste à permettre aux jeunes femmes de choisir. Et à les aider à assumer le mieux possible leur choix. C’est ce que font notamment Jeunes Parents. ch, une association romande, et surtout Profa. « Deux tiers environ des jeunes femmes de 15 à 19 ans qui nous consultent optent pour une interruption de grossesse, un tiers décident de mener leur grossesse à terme », affirme Nahoe Curtet, sage-femme et conseillère en planning à Profa. « Lorsqu’elles décident de garder l’enfant, nous mobilisons leur famille, le père de l’enfant, pour favoriser le meilleur environnement possible. Nous les encourageons aussi à ne pas abandonner leur formation. » En 2007, Profa a reçu 19 jeunes femmes de moins de 18 ans enceintes et décidées à garder leur enfant. Si une majorité des parents ne souhaitent pas une maternité précoce pour leur enfant, il semble que ceux qui y sont confrontés se montrent plus accueillants envers le bébé qu’autrefois. Les jeunes mères ne sont pas non plus livrées à elles-mêmes. Grâce au programme vaudois de conseil en périnatalité, confié à Profa, les futurs parents ont la possibilité de rencontrer une conseillère. « On en voit près de 60% et les situations complexes peuvent être repérées », se félicite Nahoe Curtet. Au plan matériel, le Fonds cantonal pour la famille peut octroyer aux jeunes mères des allocations familiales (200 fr. par mois), de naissance (1500 fr. ) ou de maternité (200 fr. par mois durant six mois) pour autant que celles-ci ne soient pas déjà accordées à d’autres membres de la famille dans le cadre de la loi.

Liens :
www.profa.org/
www.jeunesparents.ch/
www.sosfuturesmamans.ch/

Nombre de naissances pour 1000 femmes âgées de 15 à 19 ans

SUISSE - Le taux de naissances adolescente est resté stable, et bas, en Suisse ces trente-cinq dernières années : 4 naissances pour 1000 femmes âgées de 15 à 19 ans.

FRANCE 11

ALLEMAGNE 13

GRANDE-BRETAGNE 30

ÉTATS-UNIS 43

Les études sur les naissances adolescente associent souvent ces dernières à de potentielles conséquences défavorables à moyen et long terme (manque de formation des mères, bas salaires, davantage de problèmes de santé chez les enfants).
| 14-02-2008 | 09:16
Source : http://www.lesquotidiennes.com/sexualit%C3%A9/marine-16-ans-une-ado-qui-vient-tout-juste-d039accoucher.html

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