Parentalité et formation

Tu es enceinte et encore en formation

Sache que si tu es en bonne santé, tu peux sans autre continuer le plus longtemps possible. Tout ce que tu fais et réussis avant l’accouchement n’est plus à faire. Et même si tu devais refaire ton année, le fait d’avoir déjà vu la matière te facilite la tâche.

L’école ne peut pas en principe te rejeter sous prétexte que tu es enceinte. Tu es même en droit d’attendre de la direction et des professeur-es respect et soutien.

Tu vas peut-être te trouver confrontée aux jugements des camarades. C’est peut-être le plus difficile à supporter. Mais si tu montres que tu es heureuse de ta situation, que tu prends la peine d’en parler un peu avec eux pour que tu ne leur paraisses pas extraterrestre, tu auras peut-être la chance de t’intégrer malgré tout. Surtout ne perds pas de vue ton intérêt : il vaut mieux supporter les railleries et avoir un diplôme que d’abandonner et de devoir te battre toute ta vie à la limite d’un revenu correct.

 

Congé maternité et prestations de maternité

Est-ce que le droit au congé maternité et l'interdiction de retourner travailler s'adaptent aux écoles?

Situation A: tu es en formation en école (HES à plein-temps, université, gymnase, école de culture générale, etc)

L'école n'est pas soumise au droit du travail. L'étudiante peut aller en cours dès qu'elle le souhaite. Il faut quand même prendre un temps de pause pour la santé de la maman et du bébé. En fonction du type de formation, du nombre d'heures de cours ou de la distance, une discussion avec l'école avant l'accouchement est nécessaire. On voit des bébés en écharpe assister à des cours, mais l'école peut accepter ou refuser, parfois ça change selon les enseignants. 

Tu as droit à:

  • Congé maternité jusqu'à 3 mois dans le secondaire II (selon les cantons)
  • Allocations familiales par la Caisse de compensation
Situation B: tu es en apprentissage ou en formation en emploi

Sur le lieu de travail, en revanche, que ce soit un emploi dans le cadre d'une formation en cours d'emploi ou d'un apprentissage CFC, le cadre légal est le même que pour toutes les autres employées. Tu as droit aux mêmes prestations :

  • Congé maternité obligatoire de minimum 8 semaines, jusqu'à 14 semaines si souhait de la mère
  • APG maternité (assurance maternité fédérale)
  • Allocations familiales par l'employeur
  • Temps d'allaitement sur temps de travail rémunéré (30min pour 4h de travail journalier, 60min pour 4-7h et 90min pour plus de 7h)

 

Tu as un enfant et tu souhaites reprendre une formation

C’est tout à fait possible et il n'est jamais trop tard. En Suisse, le manque de formation est le facteur n°1 de la précarité.

N’hésite pas à prendre contact avec les offices d’orientation, ces consultations sont gratuites à tout âge. On t’aidera à prendre en compte ton statut de famille pour te mettre sur la voie la moins compliquée. Il existe plusieurs moyens si tu es parent célibataire et que tu as besoin d’argent : les cours du soir, les formations d’adultes, les formations en cours d’emploi ou les formations à temps partiel. Toutes ces possibilités n’existent cependant pas dans toutes les filières. Il existe certaines offres de cours par correspondance ou aux écoles privées, mais certaines sont chères et peu reconnues. Privilégie une formation reconnue par l’Etat.

N’omets pas de demander une bourse d’étude. Si tu y as droit, ne te culpabilise pas en te disant que tu es dépendante de l’Etat, ça n’apporte rien. C’est justement parce que la société y gagne que tu aies une bonne formation qu’elle propose cette aide aux familles moins aisées.

N’abandonne pas ton projet dès la première difficulté. C’est un passage financièrement difficile, et dans l’organisation aussi, certes, mais tu n’étudieras pas toute ta vie et c’est primordial pour ton estime de soi et pour ton avenir. Quand tes enfants seront adultes, tu seras heureuse de pouvoir pratiquer ton métier, et en cas de coup dur de la vie, tu as une petite sécurité.

Illustration Emma Wicht ©

Illustration Emma Wicht ©

 

 

Témoignage de Leila, maman-étudiante en programme de soutien à la formation : « L’association Jeunes Parents m’a apporté beaucoup de soutien dans divers domaines comme celui de la planification de mon temps. Nous avons pu élaborer ensemble, un horaire indiquant mes heures de cours, de révisions, de repos et celles que je peux dédier à ma fille. J’ai aussi reçu une aide morale et un encouragement à continuer mes études pour poursuivre mes rêves. Karine et Floriane ont été là pour répondre à mes questions administratives par rapport à la reconnaissance en paternité de mon enfant et m’ont aidé à trouver des pistes pour récolter de l’argent pour pouvoir financer mes heures d’auto-école afin de pouvoir réussir mon permis de conduire. C’est une organisation où je me suis toujours sentie écoutée, comprise et bienvenue. Je pense qu’il est très important, dans les situations compliquées comme la mienne, de savoir qu’il y a des personnes qui sont derrière nous, qui nous soutiennent et qu’il y a des autres femmes (ou hommes) avec un vécu similaire. »

Illustration Emma Wicht ©

Les astuces à connaître

Il existe des fondations privées auxquelles on peut faire des demandes de bourses complémentaires.

Certains cantons financent les études des jeunes de 18 à 25 ans au travers de l’aide sociale, d’autres non. Il ne faut pas craindre de se renseigner.

Pour la garde des enfants, certaines universités et hautes écoles proposent des crèches pour les professeurs et les élèves. Selon les cantons, les mamans de jours sont moins chères. Les accueils extra-scolaire sont généralement subventionnés par l'Etat et le prix est donc calculé selon ton revenu.